Alors que les réseaux sociaux bruissent d’une accusation aussi spectaculaire qu’infondée, prétendant que l’État congolais aurait bombardé sa propre population, il est urgent de rétablir une vérité que certains s’évertuent à rendre opaque. Derrière le pathos calculé et le chiffon rouge agité se cache une opération de désinformation destinée à exonérer les véritables auteurs du carnage dans l’Est de la RDC.
La méthode est connue, rodée, et d’une redoutable efficacité. Un drame survient, des vies sont perdues – ce qui, dans l’Est de la RD Congo, est malheureusement une triste routine – et avant même que les faits ne puissent être établis, une narration toxique est injectée dans le circuit médiatique. Cette fois, le scénario accuse sans ambages le gouvernement congolais et son “régime tyrannique” d’avoir bombardé des civils, créant de toutes pièces des martyrs à pleurer à Goma.
L’indécence de cette accusation atteint son paroxysme quand on la met en perspective avec la réalité sanglante du terrain. Parler de neuf victimes – dont la responsabilité de l’armée régulière n’est en rien démontrée – en adoptant le ton de la tragédie ultime, alors que la ville de Goma et ses environs ont été le théâtre, ces derniers mois, de l’abattage méthodique de plus de 3000 civils congolais par des groupes armés, relève d’une forme de démence morale.
Où étaient donc ces pleureuses et ces pleureurs professionnels lorsque les terroristes du RDF/M23, pantins agissant ouvertement sous la tutelle et avec le soutien du Rwanda voisin, semaient la mort par milliers ? Leur silence assourdissant était alors une complicité par l’omission. Aujourd’hui, ils sanglotent sur neufs cercueils qu’ils brandissent comme des trophées de propagande, faisant de Willy Ngoma un civil dans une zone densément peuplée.
Il y a, dans cette sélection émotionnelle, dans cette hiérarchisation obscène des vies congolaises, quelque chose qui dépasse la malhonnêteté intellectuelle pour frôler la perversion. Ces mêmes voix qui n’ont jamais condamné avec la même vigueur l’agression rwandaise déguisée, qui ont minimisé les massacres de grande ampleur, trouvent soudain une vertigineuse capacité d’indignation pour un événement dont elles attribuent la paternité à l’État, sans preuve, sur la base de simples allégations.
Le véritable slogan qui devrait résonner n’est pas “Un pouvoir qui bombarde sa propre population a perdu toute légitimité” – une accusation qui, en l’état, est un pur produit de la guerre de l’information – mais bien : “Une rébellion armée, parrainée par un État étranger et responsable de milliers de morts, n’a aucune légitimité à parler au nom du peuple congolais.” La vie humaine, en effet, n’est pas une variable d’ajustement. C’est précisément pour la défendre que les FARDC sont engagées dans un combat acharné contre des groupes terroristes.
Et c’est parce que la vie humaine est sacrée que l’on doit dénoncer avec la plus extrême fermeté ceux qui, par leurs accusations mensongères et leur double standard macabre, cherchent à saper le moral de la nation et à offrir une couverture médiatique à de véritables criminels de guerre. La lutte qui libère est celle pour la vérité et la souveraineté. La Patrie que l’on défend face à l’agression, ou la mort que nous promettent ses pantins armés. Le choix, en réalité, n’a jamais été aussi clair.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













