Dans le saint des saints de l’industrie minière mondiale, là où se négocient les métaux qui façonneront le monde de demain, une voix s’élève, claire et souveraine. Celle de Marie-Chantal Kaninda. Alors que le prestigieux magazine MINING dévoile son classement planétaire des dix femmes les plus influentes du secteur, aux côtés des patronnes opérationnelles de BHP, Rio Tinto et Newmont, une Congolaise tire son épingle du jeu avec une élégance redoutable.
Présidente de Glencore RDC depuis 2023, elle ne siège pas dans les conseils d’administration poussiéreux où l’on se contente d’approuver. Non. Elle est au cœur du réacteur. Elle dirige les opérations du géant suisse sur le sol congolais, supervisant des titans industriels comme Kamoto Copper Company et Mutanda Mining, ces monstres sacrés qui font de la RDC l’épine dorsale de l’approvisionnement mondial en cobalt et en cuivre.
Pendant que le monde s’électrifie, c’est elle qui veille sur le ventre stratégique de la planète. Mais ce qui élève Marie-Chantal Kaninda au rang de légende vivante, c’est bien plus que ses titres ou ses bilans. Ancienne Présidente du Conseil Mondial du Diamant d’Anvers – la Mecque de l’industrie diamantaire – elle a choisi, il y a trois décennies, de rentrer au pays. “Je ne m’imaginais pas vivre ailleurs que dans mon pays”, confiait cette licenciée en politique économique de l’université de Liège.
Ce choix viscéral, presque charnel, ancre son action dans une légitimité que personne ne saurait lui contester. Loin d’être une simple gestionnaire venue appliquer des directives lointaines, elle incarne l’interface parfaite entre la puissance financière globale et les réalités complexes du Congo. Elle ne se contente pas d’extraire ; elle bâtit des ponts. Son rôle pionnier dans la formalisation des relations entre l’industrie minière et les mineurs artisanaux a transformé une équation explosive en modèle d’approvisionnement plus éthique.
Dans un monde assoiffé de batteries propres, elle a offert à l’industrie technologique mondiale une boussole morale. Alors, quand on l’interroge sur cette consécration, elle ne joue pas la carte de la fausse modestie. Point de syndrome de l’imposteur chez cette femme de pouvoir. “Cela me permet de dire que je suis à la place qu’il faut” , répond-elle, le regard droit. Dans un pays où les modèles féminins de cette envergure se comptent, elle est une déflagration.
Elle prouve, jour après jour, que l’excellence congolaise n’a rien à envier aux grands cabinets anglo-saxons. Marie-Chantal Kaninda est la preuve vivante que le leadership africain peut non seulement siéger à la table des géants, mais présider au banquet. Elle est, sans conteste, la gardienne du temple minier congolais, et le monde, aujourd’hui, lui tire son chapeau.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













