Ce n’est pas un hasard si, au PDAC 2026, tous les regards sont tournés vers le ministre congolais des Mines. Louis Watum Kabamba n’incarne pas seulement l’autorité politique ; il est le visage d’une expertise technique rare, forgée aux commandes des plus grands projets du continent, de la mine d’or de Kibali chez Randgold à la gigantesque exploitation de cuivre de Kamoa chez Ivanhoe Mines.
Cette connaissance intime du terrain, doublée d’une carrière internationale jalonnée de succès industriels, lui confère une crédibilité immédiate auprès des investisseurs. À Toronto, il n’a pas parlé en théoricien, mais en pair, capable de comprendre les doutes des financiers tout en portant haut les ambitions de son pays. Son parcours singulier, loin des sentiers battus de la politique classique, fait de lui le capitaine idéal pour piloter la transformation du secteur extractif congolais.
Le discours porté par Louis Watum à la convention PDAC 2026 a eu la puissance d’un électrochoc. Alors que la RDC est trop souvent résumée à ses défis sécuritaires, le ministre a imposé un narratif offensif et moderne : celui de la rupture avec le modèle extractif colonial. “Il ne suffit pas d’avoir des minéraux critiques, il faut créer les conditions nécessaires à l’investissement pour transformer ce potentiel en richesse tangible”, a-t-il martelé .
En mettant en avant la stabilité fiscale, la digitalisation de l’administration et la création de zones économiques spéciales dédiées à la transformation locale, il a retourné l’argumentaire. Il ne s’agissait plus de supplier les investisseurs de venir, mais de les inviter à participer à une valeur ajoutée inédite. En annonçant la première production de lithium au Tanganyika et la consolidation des géants comme Glencore ou CMOC, Louis Watum a prouvé que la RDC ne veut plus être la “pompe” à minerais du monde, mais son atelier de transformation industrielle .
En quelques jours à Toronto, Louis Watum a réussi un tour de force : faire oublier la prime de risque pour ne parler que de la prime d’opportunité. En participant activement au Sommet international des ministres et au forum sur l’investissement en Afrique, il a repositionné la RDC comme un pivot incontournable de la géopolitique des minerais critiques . Le message est passé avec une clarté déconcertante : la RDC, sous l’impulsion du Président Tshisekedi et de la Première ministre Suminwa, offre désormais un cadre régulé, transparent et tourné vers l’avenir.
Ce n’est plus seulement le sous-sol qui attire, c’est la vision. En vendant une “bonne image” de la révolution minière, Louis Watum ne fait pas de la communication : il jette les bases d’un nouveau contrat entre la RDC et le monde, un contrat où son pays entre enfin dans la cour des grands, non plus comme fournisseur, mais comme partenaire industriel stratégique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













