Il est des prises de fonction qui relèvent de la simple formalité administrative ; celle de Soraya Aziz Moto à la Direction Générale de l’Autorité de Régulation de l’Électricité (ARE), le 3 mars 2026, s’apparente davantage à un manifeste. Devant un auditoire captivé, la nouvelle patronne du régulateur n’a pas promis des miracles faciles, mais une révolution méthodique.
En posant la gouvernance comme un préalable non-négociable, elle a immédiatement distingué son mandat des précédents. Son discours, d’une lucidité chirurgicale, a acté une rupture nette avec la gestion passive. Elle ne vient pas seulement “gérer” l’ARE ; elle vient la refonder sur les piliers inébranlables de la transparence et de l’efficacité, transformant une passation de pouvoir en un serment de rigueur fait à la nation.
Mais la vision de Madame Soraya Aziz Moto ne s’arrête pas aux murs de l’institution. Elle a dévoilé une feuille de route tripartite qui témoigne d’une compréhension fine des enjeux énergétiques de la RDC. D’abord, assainir l’intérieur : une gouvernance interne irréprochable pour donner l’exemple. Ensuite, rayonner vers l’extérieur en s’attaquant au défi titanesque de l’accès à l’électricité pour des millions de Congolais.
Enfin, et c’est là que son analyse est la plus percutante, elle fait de la résolution du déficit énergétique industriel la clé de voûte de la souveraineté économique nationale. En liant intrinsèquement le courant électrique au courant d’affaires, elle réhabilite la fonction première du régulateur : non pas un simple guichet, mais un véritable moteur de la compétitivité nationale. En nommant Soraya Aziz Moto à ce poste stratégique, le Président de la République a choisi une bâtisseuse plutôt qu’une héritière.
Elle incarne cette génération de leaders qui refusent le misérabilisme énergétique et parient sur l’intelligence organisationnelle pour débloquer le potentiel du géant congolais. Avec elle, l’ARE ne sera plus un observateur passif du paysage électrique ; elle en devient l’architecte en chef. Une Directrice Générale qui a vocation à apporter la lumière sur une ville comme Kinshasa et un pays comme la RD Congo ne peut être cachée.
Sous sa houlette, la lumière qui jaillira ne sera pas seulement celle des foyers, mais celle d’une gouvernance exemplaire, éclairant enfin la voie d’une émergence tant attendue. À qui l’on a beaucoup donné, il sera beaucoup demandé ; et à qui l’on a beaucoup confié, on réclamera davantage. La RDC tient peut-être enfin la femme qui fera passer son secteur électrique de l’obscurité des promesses à la clarté des réalisations.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












