Alors que le débat sur la révision constitutionnelle embrase la scène politique congolaise, transformant chaque jour en une foire aux déclarations individuelles, une voix s’élève pour rappeler une règle élémentaire de la discipline politique. Le député national Michel Moto Muhima a recadré le débat avec la fermeté qu’on lui connaît.
Dans une mise au point publiée sur X, l’élu de Walikale oppose une fin de non-recevoir à ceux qui, au sein de son propre camp ou ailleurs, prétendent parler au nom de tous. Pour lui, le temps est à la concertation, pas à la précipitation. À l’heure où les postures médiatiques et les ambitions personnelles menacent de fragmenter le paysage politique, Michel Moto pose un acte de responsabilité rare.
Il réaffirme que le regroupement AA-UNC ne se laissera pas dicter sa ligne par des déclarations intempestives ou des agendas cachés. “Bien que tout le monde soit libre de s’exprimer, nulle déclaration ne peut engager notre regroupement sans notre consentement”, tranche-t-il, remettant ainsi l’église au centre du village. Cette sortie n’est pas qu’un simple rappel à l’ordre procédural.
C’est un bouclier contre l’anarchie politique, une défense de l’intérêt collectif face aux assauts de l’ego. En choisissant la voie du consensus interne, Michel Moto Muhima ne fait pas que gagner du temps : il construit une légitimité. Dans un pays où les retournements de veste et les déclarations contradictoires affaiblissent la crédibilité de la classe politique, sa démarche est un pari sur la durabilité.
Il le dit lui-même : les questions touchant à la Constitution, parce qu’elles sont sensibles, exigent une analyse approfondie et une position collégiale. Le moment venu, ce ne sera pas un homme, mais tout un groupe qui prendra ses responsabilités. En attendant, l’élu du peuple pose un acte politique fort : celui de préférer la construction patiente d’une position commune à la jouissance éphémère d’une lumière médiatique.
Rody Efomi – Teddy MFITU / Lobjectif













