Dans un contexte où l’Est de la RD Congo subit depuis douze mois une occupation étrangère brutale, le Ministre des Droits Humains, Samuel Mbemba Kabuya, vient de poser un acte de courage politique et moral. À travers un rapport d’une rigueur implacable, publié en février 2026, il lève le voile sur l’indicible : viols systématiques, travail forcé dans les mines, massacres de civils, et déplacements massifs de populations.
Loin des discours convenus, ce document ne se contente pas de dénoncer — il documente, chiffre, et nomme les responsabilités, en l’occurrence celles des RDF et de leurs supplétifs de l’AFC/M23. Ce travail, d’une précision chirurgicale, s’impose comme une référence pour la justice nationale et internationale, et place la RDC en position de force dans son combat pour la vérité et la réparation.
Mais ce qui rend ce rapport exceptionnel, c’est sa capacité à transformer des douleurs individuelles en preuves irréfutables. En donnant la parole aux survivants, en croisant les données de terrain avec les analyses d’experts onusiens et les témoignages des communautés, Samuel Mbemba Kabuya restaure la dignité de milliers de victimes oubliées. Chaque chiffre — 15 769 atteintes à la vie, 829 enlèvements, une femme violée toutes les quatre minutes — devient un cri, mais aussi une arme.
Le Ministre ne se contente pas d’alerter : il fournit à la conscience universelle les munitions factuelles nécessaires pour que l’histoire retienne, et que les bourreaux répondent de leurs actes. Enfin, ce rapport incarne une certaine idée de l’État : un État qui protège, qui écoute, et qui refuse la banalisation du crime. En publiant ces conclusions, Samuel Mbemba Kabuya ne livre pas seulement un constat — il pose un acte fondateur.
Celui d’une diplomatie des droits humains exigeante, transparente, et résolument tournée vers la justice. Alors que le silence des armes tarde à venir, la parole de l’État congolais, par la voix de son Ministre des Droits Humains, résonne comme un appel à la communauté internationale : regardez, écoutez, agissez. Parce que derrière chaque statistique, il y a un visage, une famille, une humanité bafouée. Ce rapport est un mémorial, mais aussi un manifeste. Celui d’une RDC qui ne plie pas.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












