L’audace d’un ministre qui ose dire que l’image du pays se construit aussi par le verbe. Ce samedi 25 avril 2026, Patrick Muyaya Katembwe a marqué les esprits. Devant la fine fleur économique congolaise réunie au siège de la FEC à Kinshasa, le ministre de la Communication et Médias, également Porte-parole du Gouvernement, n’a pas livré un discours convenu.
Il a posé un diagnostic chirurgical : la RDC affiche une croissance soutenue, des réformes structurelles ambitieuses et une reconnaissance internationale croissante – Moody’s maintient la note B3 avec perspective stable, S&P Global Ratings améliore sa perspective de stable à positive. Pourtant, un fossé inquiétant persiste entre cette réalité économique florissante et la perception des investisseurs. “Ce différentiel impacte directement la confiance, l’investissement et l’attractivité du marché”, a-t-il martelé.
En osant nommer cette contradiction, Patrick Muyaya fait preuve d’une lucidité rare. Il ne cache rien, ne maquille rien. Il assume. Et c’est ainsi que naissent les grands leaders : dans la capacité à regarder la vérité en face. Face à ce constat, d’autres se seraient contentés de vœux pieux. Patrick Muyaya, lui, a dégainé une arme trop souvent négligée par les gouvernements africains : une stratégie de communication offensive, structurée et cohérente.
Trois axes majeurs ont été dévoilés : clarifier les réformes, rassurer par des messages stables, projeter une image fidèle des opportunités congolaises. “L’enjeu est de passer d’un narratif subi à un narratif maîtrisé”, a-t-il affirmé avec une autorité qui force l’admiration. Ce faisant, le ministre ne se contente plus d’informer : il transforme la communication en véritable outil de compétitivité économique. Dans un pays où l’image a trop souvent été la variable d’ajustement, Patrick Muyaya impose une rupture salutaire.
Il ne subit plus les récits étrangers sur la RDC – il les écrit, les oriente, les maîtrise. C’est là l’œuvre d’un homme d’État qui comprend que l’attractivité d’une nation se joue aussi dans la bataille des imaginaires. Mais Patrick Muyaya ne s’est pas arrêté à la théorie. Il a lancé une proposition audacieuse, presque révolutionnaire dans son évidence : “Les entreprises sont les premiers ambassadeurs de l’image du pays.”
En rappelant aux opérateurs économiques que leurs activités, investissements et communication façonnent directement la crédibilité du marché, il les fait passer de simples acteurs économiques à co-architectes du rayonnement national. Et sa mise en garde résonne comme un cri d’alarme : “Nuire à l’image du pays, c’est indirectement nuire à sa propre image.” Parole d’homme responsable. En écho à cette vision, la pose de la première pierre du futur siège de la FEC – 4 580 m² de modernité – est venue sceller cette alliance vertueuse entre État et secteur privé.
Robert Malumba, président de la FEC, a salué une étape “historique”. Oui, historique. Car ce jour-là, Patrick Muyaya Katembwe n’a pas seulement parlé d’attractivité : il a semé les premières fondations d’une nouvelle confiance. Avec lui, la communication cesse d’être un accessoire pour devenir l’épine dorsale – puissante, moderne, incontournable – de la transformation économique congolaise.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













