En donnant l’ordre, dans l’immédiateté, d’ouvrir une enquête à la suite de la diffusion d’une vidéo d’une rare barbarie, le Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux vient d’administrer une preuve éclatante de ce que doit être l’autorité judiciaire en République démocratique du Congo : ferme, humaine et sans faiblesse.
Face à des images insoutenables montrant un médecin exerçant des violences sur une femme dans un lieu censé incarner le soin et la protection à Kinshasa/Kinkole, la réponse du Gouvernement n’a pas été celle de l’indignation stérile, mais celle de l’action. En saisissant sans délai le Procureur général près la Cour d’appel de Kinshasa/Matete, le Garde des Sceaux a fait le choix de l’État de droit, refusant que l’horreur ne devienne un spectacle ordinaire.
Cette décision, d’une portée considérable, dépasse le cadre d’une simple instruction judiciaire. Elle réaffirme avec une force salutaire que la République ne tolère aucun sanctuaire, pas même celui, sacré en apparence, de l’institution médicale, lorsqu’il devient le théâtre d’atteintes intolérables à l’intégrité physique et à la dignité humaine. Le Ministre de la Justice envoie ainsi un signal clair : nul titre, nul statut ne peut placer quiconque au-dessus des lois fondamentales qui régissent notre société.
C’est là une conception élevée de la fonction ministérielle, où la réponse politique se mue immédiatement en réponse judiciaire, sans faux-fuyants ni atermoiements. En agissant avec cette célérité et cette détermination, le Garde des Sceaux ne se contente pas de défendre une victime ; il restaure la confiance des citoyens dans leur système judiciaire et dans l’engagement de l’État à lutter contre toutes les formes de violences.
Il y va de la crédibilité de nos institutions de santé, de la protection des plus vulnérables et de la mission première de la justice : protéger et punir là où le droit a été bafoué. Cette réaction à la hauteur de l’indignation nationale mérite d’être saluée, car elle prouve qu’en matière de protection des citoyens, la volonté politique, quand elle est ferme et assumée, peut immédiatement s’incarner en acte concret.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













