À l’inverse de la fureur médiatique, l’actuel Garde des Sceaux Guillaume Ngefa Atondoko applique la loi avec le silence chirurgical et l’efficacité glaçante de ceux qui n’ont pas besoin de crier pour faire trembler les coupables. Ce mardi 21 avril 2026, la Cour d’appel de Kinshasa/Gombe n’a pas seulement ouvert un procès ; elle a ouvert un cercueil financier dont l’odeur de putréfaction remonte jusqu’aux lambris de l’ancien ministère de la Justice.
Constant Mutamba, déjà lesté d’une condamnation à 19 millions de dollars, s’offre un rappel avec le FRIVAO. Ce fonds censé panser les plaies des victimes de l’Ouganda est devenu le terrain de jeu d’une kleptocratie low-cost où les larmes des sinistrés de Kisangani servent de lubrifiant à des marchés bidons. Il fallait une certaine constance dans l’indécence pour transformer la caisse de solidarité nationale en agence de placement pour sociétés fantômes.
L’audience l’a confirmé : chez Constant Mutamba, la gestion calamiteuse n’est pas un accident, c’est un logiciel. Face au tribunal, Chançard Bolukola, le Directeur Général nommé par l’ancien ministre Constant Mutamba, a livré une performance de contorsionniste administratif. Incapable de situer sur une carte les entreprises ayant empoché 2 millions de dollars, il incarne la quintessence du “collaborateur utile” : celui qui paraphe sans lire, exécute sans comprendre, et oublie sans effort.
Ce spectacle pitoyable d’un DG sans adresse ni mémoire est pourtant une pièce à conviction accablante. Il met en lumière une chaîne de responsabilité où le ministre Mutamba donnait le la et où les contrôles se volatilisaient par enchantement. Pendant que les bourreaux ougandais tergiversent à Kampala, leurs victimes congolaises subissent, à Kinshasa, une double peine : celle du pillage étranger, aggravée par le détournement domestique. Et la farce tourne à la tragédie politique quand on évoque les listes des bénéficiaires.
Car la véritable innovation de l’ère Constant Mutamba au FRIVAO semble avoir été de recycler l’argent de la réparation en carburant pour appareil politique. L’inscription frauduleuse de militants déguisés en victimes de guerre est le point d’orgue de ce système. Face à cette gabegie qui insulte la misère des déplacés, l’action de la Justice aujourd’hui contraste heureusement avec les années de la politique-spectacle, celle des bruits et de la fureur.
Sous la houlette silencieuse mais implacable de Guillaume Ngefa Atondoko, la loi retrouve sa verticalité. Loin des paillettes et des coups de menton, le Ministre d’État et Garde des Sceaux actuel démontre que l’application stricte du droit est la seule vengeance digne des véritables victimes. Et dans ce dossier FRIVAO, il est temps que la Justice remonte jusqu’au sommet de cette pyramide de boue pour y mettre un terme définitif.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













