Le 5 avril 2026, dans le TGV à Roissy CDG menant à Bruxelles, un voyageur noir, résident belge, subit un contrôle abusif. L’agent des douanes, après n’avoir rien trouvé, lui lance : “À bientôt au Terminal 2E”. Ce jour-là, deux autres douaniers sont présents. Ils sont visiblement choqués et en désaccord avec leur collègue. Le passager le voit.
Alors, discrètement, il leur demande à voix basse : “Faites une remontée. Signalez-le.” Ils accusent la demande. Silence. Rien ne remonte. La machine peut continuer. Dix-sept jours plus tard, le 22 avril 2026, le même voyageur descend du vol AF754 Kinshasa-Paris, billet YZ5QMA. Des douaniers l’attendent. Pendant 2h46, on lui fouille tout. On trouve 10,2 kg de courges broyées – seuil légal 20 kg – et une bouteille de jus de 30cl.
Aucun argent. Aucune infraction. Pourtant, on le menace d’un tribunal. Pas d’alternative, pas d’amende : il faut “charger” cet homme. La promesse du Terminal 2E a été tenue. Et les deux témoins du 5 avril ? Ils n’ont rien dit. Personne n’a rien fait. Ce n’est pas un dysfonctionnement. C’est une chaîne : un agent raciste, deux collègues qui voient et se taisent, une hiérarchie qui ne sanctionne pas, une menace qui s’exécute.
Le passager a eu le réflexe de demander aux témoins d’agir. Ils ne l’ont pas fait. Aujourd’hui, ils sont identifiables. Qu’attend la direction des douanes pour les entendre ? Qu’attend le Défenseur des droits pour les convoquer ? Tant que les uniformes protègeront leurs abus, chaque Noir descendant d’un vol africain saura qu’en France, “À bientôt au Terminal 2E” n’est pas une menace : c’est un programme.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













