Lors de la 10e audience du 23 Avril 2026, la défense de Philémon Mambabwa a obtenu le rejet de la descente sur son domicile et a vu la Cour limiter drastiquement le champ de l’instruction en refusant d’admettre l’hypothèse tardive de la “cage”. Le prévenu maintient une ligne constante : rentré chez lui à 4h30 du matin, découvrant trois jeunes gens inconnus qui s’étaient introduits dans sa résidence en son absence et dont l’un était en état d’agitation, il a ordonné de les “maîtriser”.
C’est-à-dire de les retenir jusqu’à l’arrivée de leurs parents, sans jamais commander de violences. Sa défense s’appuie désormais autant sur ses propres déclarations que sur les lacunes béantes du récit accusatoire, notamment le nombre de policiers prétendument impliqués. La partie civile a construit son accusation sur la présence de sept policiers qui auraient frappé les garçons à deux reprises. Or, un document administratif décisif a été versé aux débats : le bulletin officiel de service affectant les agents à la résidence de Philémon Mambabwa.
Ce document établit que seuls quatre policiers y étaient affectés, selon un système de rotation de deux agents permanents remplacés tous les deux jours par deux autres. Ainsi, dans la nuit des faits, seuls deux policiers étaient effectivement en poste. L’un d’eux, Aaron Ekulela, a été reconnu comme celui qui est allé chercher les jeunes gens, qui s’étaient cachés d’eux-mêmes dans la salle de bain — une pièce dont Sakina R. (la fille mineure invitée dans la résidence Mambabwa et amie très proche de Claudien Lifoma Likulia fils majeur de Madame Mushobekwa) avait verrouillé la porte à clé.
Et qu’elle n’a ouverte qu’après l’insistance de Philémon Mambabwa plusieurs minutes plus tard. Le second policier, arrêté depuis décembre 2025, demeure en prison alors qu’aucun élément de preuve présenté à la Cour n’a établi son implication active dans des violences. Où sont les cinq autres policiers dénoncés ? Qui sont-ils ? Pourquoi aucun témoin, pas même les renseignantes Malaïka, Sakina ou Leonnie, ni même les garçons Christopher et Noah pourtant présents, n’a mentionné leurs noms ou leurs visages ?
Le bulletin de service contredit frontalement le chiffre de sept clamé publiquement. Si la Cour constate que le nombre de policiers a été délibérément gonflé dans les déclarations publiques pour aggraver artificiellement la perception des faits, la défense de M. Mambabwa pourra légitimement plaider l’instrumentalisation médiatique. L’existence d’un second policier toujours en détention, sans qu’aucun fait précis ne lui soit imputé, pose également la question de la proportionnalité des poursuites et de l’équité de la procédure.
En cas d’acquittement, l’écart entre les sept agents dénoncés sur la place publique et les quatre policiers officiellement affectés, dont seuls deux étaient de service cette nuit-là, pourrait exposer la partie civile à des poursuites pour dénonciation calomnieuse ou diffamation, le droit militaire ne protégeant pas l’accusateur dont les allégations se révéleraient manifestement exagérées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












