Dès son arrivée en Ituri, Louis Watum Kabamba Ministre des mines de la RD Congo, n’a pas fait dans la demi-mesure. Là où d’autres auraient multiplié les réunions feutrées à Kinshasa ou les constats d’impuissance, le ministre des Mines a choisi l’action frontale, sur le terrain, au cœur des zones les plus sensibles.
Dans la chefferie de Djalasiga, territoire de Mahagi, le diagnostic qu’il dresse est sans appel : des opérateurs étrangers y exploitent l’or en toute illégalité, à l’aide d’engins lourds prohibés, sans le moindre titre minier, et au mépris total des communautés locales et de l’environnement. Face à ce pillage organisé, sa réaction est immédiate, nette et brutale : saisie des équipements, fermeture des sites clandestins, et saisine de la justice.
“L’impunité ne sera plus tolérée”, a-t-il martelé. En quelques heures, Louis Watum Kabamba a ainsi envoyé un signal d’une puissance rare : l’État reprend la main, et il le fait avec une détermination qui force le respect. Mais réduire son intervention à un simple coup de force serait une erreur. Ce qui rend l’action du ministre si percutante, c’est qu’elle s’inscrit dans une vision présidentielle cohérente et ambitieuse, celle portée par Félix Tshisekedi et coordonnée par la Première ministre Judith Suminwa Tuluka.
Louis Watum Kabamba ne se contente pas de réprimer le désordre ; il vient poser les fondations d’un nouveau modèle minier pour la RDC. À Bunia, à Aru, comme à Mahagi, il ne s’est pas seulement entretenu avec les autorités militaires ou les responsables du secteur : il a écouté les députés nationaux, la société civile, les communautés riveraines. Son message est limpide : l’exploitation artisanale doit être encadrée, la SOKIMO relancée, les normes environnementales respectées.
Et surtout, les revenus de l’or doivent profiter d’abord à ceux qui vivent sur ces terres. Loin des postures politiciennes, il incarne une volonté de réforme profonde, celle qui fait du sous-sol congolais un levier de développement durable et non une malédiction. L’Ituri, province meurtrie par les conflits et minée par les réseaux de prédation, devient ainsi le laboratoire d’un nouveau rapport de force entre l’État et les fossoyeurs de ses richesses.
La mission de Louis Watum Kabamba est un test grandeur nature de la capacité de la RDC à imposer son autorité là où elle a trop longtemps été bafouée. En suspendant l’exploitation aurifère illégale, le ministre ne fait pas que rappeler la loi ; il restaure une parcelle de dignité nationale et ouvre une brèche d’espoir pour des millions de Congolais.
Si cette dynamique se confirme dans le Bas-Uélé et le Maniema, et si elle s’inscrit dans la durée, alors Louis Watum Kabamba pourrait bien être celui qui aura prouvé qu’avec du courage politique et une vision claire, le géant minier africain peut enfin maîtriser son propre destin. Une page se tourne en Ituri, et elle porte la signature d’un homme d’État en pleine ascension.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













