C’est une petite révolution silencieuse mais aux conséquences considérables qui s’est opérée ce mercredi 8 avril 2026 dans les locaux du Fonds de Promotion de l’Industrie (FPI). Sous le regard approbateur du ministre de l’Économie numérique, Augustin Kibasa, le FPI est officiellement devenu le tout premier établissement public de la RD Congo à basculer l’intégralité de ses opérations vers un système de gestion intégrée (ERP).
En dégainant cette solution portée par la société tunisienne SIGA, sélectionnée sur appel d’offres international, l’institution dirigée par Hervé Claude Batukonke ne se contente pas de changer de logiciel : elle tourne définitivement le dos à une époque révolue faite de tableurs éparpillés et de dossiers physiques poussiéreux. Alors que Kinshasa s’impose progressivement comme un hub technologique régional, ce lancement est un signal fort envoyé à toute l’administration publique.
La modernisation par la data n’est plus une option théorique, mais une réalité opérationnelle alignée sur la vision de digitalisation massive portée par le Président Félix Tshisekedi. Au-delà du simple outil informatique, c’est une nouvelle philosophie de gestion de l’argent public qui se dessine. Grâce au système conçu par SIGA, dont le Directeur Général Ben Ali a vanté la fluidité et l’intégration poussée de l’intelligence artificielle, le FPI change de braquet en matière d’efficacité et de transparence.
Fini le cloisonnement des services et l’incohérence des chiffres : toutes les opérations, du dépôt initial des dossiers de financement jusqu’au recouvrement complexe des créances, en passant par la trésorerie et le reporting financier, seront désormais centralisées sur une plateforme unique et sécurisée. Le DG Ntumba Batukonke l’a martelé avec force : “L’ère des outils manuels fragmentés est révolue”. Ce virage, qui promet une réduction drastique des délais de traitement et des coûts opérationnels, s’accompagne néanmoins d’un appel à une vigilance extrême.
Dans un monde numérique où la cybersécurité devient une question de souveraineté économique, le patron du FPI a exhorté ses équipes Hi-tech à l’ingéniosité constante pour protéger les données sensibles des entrepreneurs congolais contre toute tentative de déstabilisation extérieure. Cette métamorphose, fruit d’un parcours long et rigoureux détaillé par le Directeur des Systèmes d’Informations Stéphane Tshitende, n’est que la partie émergée d’un iceberg stratégique bien plus vaste.
En intégrant son ERP comme première pierre au registre national des applications de l’État, le FPI prouve qu’un établissement public peut parfaitement se muer en modèle de gouvernance moderne lorsqu’il s’en donne les moyens. C’est un démenti cinglant à tous ceux qui doutent encore de la capacité de l’administration congolaise à se réinventer.
Plus qu’un logiciel, le FPI inaugure aujourd’hui un cercle vertueux où l’innovation technologique devient le bras armé de l’industrialisation nationale. En fiabilisant ses process, le Fonds offre un environnement plus attractif et plus sécurisé pour les investisseurs, posant ainsi un jalon essentiel pour faire du numérique un véritable levier de création de richesses en RD Congo.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













