Le 16 avril 2024, dans le quartier de Bangu à Rio de Janeiro, une scène à la limite du soutenable s’est déroulée aux guichets de la banque Itaú. Érika de Souza Vieira, 42 ans, y a conduit son oncle Paulo Roberto Braga sur un fauteuil roulant, le corps inerte, la tête pendante et le teint livide, dans le seul but de lui faire signer un prêt de 17 000 reais.
D’emblée, l’attitude figée du vieil homme de 68 ans intrigue les employés, qui alertent les secours tout en conservant les images des caméras de surveillance. Le diagnostic du SAMU est sans appel : Paulo est mort depuis plusieurs heures, rendant la tentative d’emprunt aussi macabre qu’absurde. Confrontée à l’évidence médicale et aux enregistrements vidéo, la quadragénaire a été arrêtée sur place pour violation de cadavre et tentative d’escroquerie.
Selon les enquêteurs, elle aurait manipulé le défunt comme une marionnette, lui tenant la tête et le mannequinant devant l’agent bancaire pour feindre un consentement. L’affaire a immédiatement glacé le pays, tant par son cynisme présumé que par la froideur logistique déployée : transport du corps, mise en scène au guichet, insistance pour obtenir la signature. En garde à vue, Érika a livré une défense qui défie la raison : elle affirme avoir cru son oncle simplement malade, inconsciente de son décès.
Une version jugée irrecevable par les autorités, étant donné la rigidité cadavérique déjà installée et l’odeur perceptible. Au-delà du fait divers sordide, l’épisode met crûment en lumière une détresse économique capable de pousser à de telles extrémités, et interroge sur les mécanismes de contrôle des établissements bancaires face aux personnes vulnérables.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













