C’est une image rare dans les couloirs feutrés du 35, avenue de l’Enseignement : celle d’un afflux d’ambitions. Ce mardi 21 Avril 2026, le Secrétariat général de la FECOFA a enregistré le dépôt officiel de neuf candidatures pour le poste le plus convoité et le plus scruté du sport congolais. Aziz Makukula, Max Mayaka, Chris Shabani Nonda, Didier Masamba, Kévin Issa, Bosco Mwepu, Pathou Mangenda, Véron Mosengo et JC Mukanya.
La liste est longue, presque pléthorique, contrastant avec le silence assourdissant qui entourait la gestion de la fédération ces derniers mois. Ce premier acte, purement administratif, a au moins le mérite de sortir la maison de verre de sa léthargie. Il acte officiellement l’ouverture d’une séquence électorale qui s’annonce comme la plus indécise de l’histoire récente de la FECOFA, et peut-être comme la dernière chance de remettre le football congolais à l’endroit.
Derrière la neutralité administrative de ces neuf noms se cache le visage contrasté, et parfois douloureux, du football congolais. Le casting est saisissant. D’un côté, les figures du rectangle vert : Shabani Nonda, meilleur buteur de l’histoire des Léopards, ou Aziz Makukula, portent l’aura du terrain et la promesse d’une gestion enfin tournée vers la performance et le mérite. De l’autre, des profils d’apparatchiks et d’avocats, comme Véron Mosengo ou Pathou Mangenda.
Ce sont les symboles d’un système endogame qui a conduit la RDC aux portes de l’exclusion internationale et aux humiliations logistiques répétées. Cette cohabitation sur la ligne de départ est le symptôme d’une fédération schizophrène, tiraillée entre le désir sincère de renouveau et la tentation du statu quo. L’élection ne portera pas seulement sur un nom, mais sur une philosophie : professionnalisation ou perpétuation d’un entre-soi stérile.
Alors que la campagne va pouvoir s’ouvrir, l’œil du cyclone se déplace des bureaux feutrés de la FECOFA vers les gradins du Stade des Martyrs et les écrans des bars de la capitale. Car cette élection est un test de maturité démocratique pour tout un pays. Les Congolais, échaudés par les épisodes rocambolesques de la CAN 2023 et les convocations signées à l’arrache, n’attendent plus seulement un président, ils exigent un projet.
Avec les Coupes du Monde élargies et les compétitions continentales qui s’intensifient, la RDC ne peut plus se contenter d’un football de circonstances. Le futur élu aura la lourde tâche de réconcilier un peuple avec son maillot jaune et bleu. Les neuf candidats ont déposé un dossier, mais un seul héritage les attend : celui, aujourd’hui en ruine, du football roi congolais.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













