Là où l’ancienne gestion de la Justice se distinguait par une agitation médiatique permanente et des coups d’éclat flirtant souvent avec l’illégalité — entre commissions parallèles et libérations conditionnelles arbitraires — l’ère de Guillaume Ngefa Atondoko impose un silence assourdissant, celui de la machine judiciaire qui se remet en marche.
En seulement sept mois d’exercice, le nouveau Garde des Sceaux a opéré une rupture philosophique profonde : finie la justice-spectacle qui s’enflammait pour les micros avant de s’éteindre dans les prétoires. Désormais, c’est une doctrine de la rigueur institutionnelle et de la systématicité qui prévaut. La méthode Guillaume Ngefa se moque du bruit et de la théâtralisation ; elle ne se mesure qu’à l’aune des dossiers repris, des textes corrigés et des procédures assainies.
Le projet de loi sur le tribunal pénal économique et financier, recalé sous l’ancienne mandature pour non-conformité, a été intégralement toiletté et réaligné aux standards internationaux, preuve que la persévérance technique a remplacé l’improvisation politique. Cette nouvelle boussole de l’État de droit se vérifie avec une implacable impartialité, quelle que soit la puissance des acteurs concernés.
L’affaire tentaculaire des détournements présumés au sein du Fonds de réparation des victimes de l’Ouganda (FRIVAO), qui éclabousse l’entourage de l’ex-ministre Constant Mutamba, est traitée avec la même froideur procédurale qu’un dossier de spoliation immobilière ordinaire. Que l’on auditionne le directeur général intérimaire du FRIVAO, incapable de localiser les sociétés bénéficiaires de marchés à plusieurs millions de dollars, ou que l’on convoque l’ancien ministre de l’Énergie pour éclairer des circuits financiers opaques, la Justice avance sans trembler.
Sous l’impulsion du Ministre d’État Ngefa, les instructions données aux parquets sont claires et valent pour tous : fin de la gestion parallèle, poursuites engagées contre les fraudeurs dans les secteurs minier, douanier ou foncier, et surtout, annulation pure et simple des actes administratifs émanant des entités rebelles pour réaffirmer la primauté de la légalité républicaine. Il n’y a plus de chasse gardée, ni de puissants intouchables, seulement le Code pénal et la loi.
Loin des effets d’annonce aussi spectaculaires qu’éphémères — comme la délivrance controversée de “permis de culte” —, Guillaume Ngefa construit une justice prévisible et crédible. Le retour au dialogue institutionnel avec le Conseil supérieur de la magistrature a permis d’engager des poursuites disciplinaires sans tomber dans la vindicte populaire, tandis que la digitalisation des juridictions commerciales et le recrutement de 2 500 magistrats posent les fondations d’une réforme durable.
En remettant l’institution sur les rails du droit, de la discipline et de l’efficacité, le ministre d’État a réinstallé une boussole que beaucoup croyaient perdue. En sept mois, Guillaume Ngefa a fait la démonstration qu’en matière de justice, le silence studieux des actes vaut bien plus que le vacarme des communiqués. C’est la fin de l’arbitraire et le retour à une mécanique implacable : celle d’une Justice qui frappe partout, tout le temps, et sans jamais avoir besoin de hausser la voix.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













