Pendant que le sang de Vally Amisi crie justice depuis trois semaines, où est le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel et de la Communication ? Nulle part. Invisible. Muet. Cette institution censée garantir le droit à l’information des Congolais et encadrer les médias dans le traitement des affaires d’intérêt public brille par son absence assourdissante.
Pas une directive pour encourager les rédactions à enquêter, pas une déclaration pour rappeler que la justice médiatique n’est pas une vengeance mais un pilier démocratique. Le CSAC regarde ailleurs, comme si la mort d’un jeune entrepreneur congolais ne méritait pas que le quatrième pouvoir s’en empare pleinement. L’autorité de régulation préfère-t-elle les dossiers confortables ?
Pendant qu’elle épingle tel animateur pour une parole malheureuse ou tel chroniqueur pour un écart de langage, elle laisse prospérer la culture de l’impunité par son silence complice. À quoi sert un régulateur qui ne régule que ce qui ne dérange pas ? L’affaire Vally Amisi est un test pour cette institution. Un test qu’elle est en train de rater lamentablement. Car encadrer les médias, ce n’est pas seulement sanctionner.
C’est aussi inciter, orienter, rappeler leur mission démocratique. Le CSAC devrait être en première ligne pour exiger que la lumière soit faite, que les journalistes puissent enquêter sans entrave, que la famille de la victime trouve dans la presse un relais puissant de sa quête de vérité. Au lieu de cela, il donne l’impression d’une institution frileuse, plus soucieuse de ne pas froisser que de défendre le droit du peuple à savoir.
Si le régulateur ne régule que les sujets sans danger, alors il n’est plus un régulateur. Il est un décor. Et dans le théâtre macabre de l’impunité congolaise, les décors ne servent à rien.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













