Depuis sa nomination, Guillaume Ngefa Atondoko Andali imprime une cadence inédite au sommet de l’appareil judiciaire congolais. On retiendra cette image symbolique du 13 septembre 2025 à Lubumbashi, où, à peine arrivé, il engage un dialogue sans filtre avec les magistrats sur les défis de la corruption . Ce style direct, combinant écoute et fermeté, a rapidement laissé place à l’action.
Le 26 janvier 2026, la Cour d’appel du Haut-Katanga, sous l’impulsion de cette dynamique, condamne trois hauts magistrats de Kalemie — Hervé Zanduku, Christophe Mbele (36 mois) et Raphaël Asange (15 mois) — pour corruption dans un dossier de tentative de viol impliquant le commerçant Joseph Kafwimbi, lui-même condamné à 24 mois. En frappant la robe pourrie, le ministre Ngefa signifiait que la Justice n’est plus un gagne-pain occulte.
Le ministre Guillaume Ngefa ne s’est pas arrêté aux frontières de la magistrature. Le 7 février 2026, le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe condamne en flagrance Me Freddy Ntumba Mukendi à huit ans de prison ferme pour avoir orchestré la saisie frauduleuse de l’immeuble de Rawbank, une banque privée spoliée par un réseau impliquant avocats et huissiers. “Nul statut, nulle influence ne saurait prévaloir sur la loi”, a martelé Guillaume Ngefa.
Il dénonçait des circuits de prédation immobilière où l’appareil judiciaire servait de faux titre de propriété. Cette affaire, emblématique du phénomène “Folio” — ces spoliations organisées qui ont vu 154 maisons du patrimoine privé de l’État changer de mains illégalement —, illustre une croisade où même les intouchables du barreau se retrouvent derrière les barreaux. L’assainissement s’est également accompagné d’opérations physiques de déguerpissement.
Notamment celui de l’immeuble de l’Interpol, où les occupants illégaux, bénéficiant de complicités internes, ont été délogés sans faiblesse. La méthode Ngefa s’attaque ainsi au noyau dur du crime organisé judiciaire. En orchestrant des procès en flagrance hors des ressorts habituels des prévenus — comme ce déplacement de la Cour d’appel à Lubumbashi pour les magistrats de Kalemie — il brise les solidarités locales qui garantissaient l’impunité.
Les décisions sont implacables : lourdes peines de prison, amendes, et surtout déchéance des droits civiques pour les fonctionnaires corrompus. Entre les murs de Makala, où croupissent désormais des huissiers et des avocats véreux, le message est clair : la justice n’est plus une arme de prédation, mais un glaive qui s’abat aveuglément sur quiconque violerait le droit des Congolais. Guillaume Ngefa Atondoko Andali est en train de réussir le tour de force de transformer une administration malade en institution crédible.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













