Les rumeurs s’intensifient dans les couloirs feutrés du pouvoir comme dans les rédactions : la Commission Électorale Nationale Indépendante préparerait-elle un glissement du calendrier électoral ? Officiellement, rien n’a filtré. Officieusement, les signaux s’accumulent : lenteurs administratives dans l’enrôlement, budgets non sécurisés, absence de communication claire sur les échéances à venir.
À ce stade, le silence de la Centrale électorale n’est plus une vertu de prudence ; il devient un danger pour la démocratie congolaise. Chaque fois que se profile une échéance électorale en RDC, le spectre du glissement ressurgit. C’est une maladie chronique de notre jeune démocratie. Or, un glissement, même présenté sous les atours techniques d’un “réajustement”, est toujours un aveu : celui d’une institution incapable de tenir les délais constitutionnels qu’elle a elle-même fixés.
La CENI doit comprendre que sa crédibilité dépend autant de sa capacité à organiser des scrutins transparents qu’à les organiser à temps. Tout retard nourrit la suspicion, érode la confiance et donne des arguments à ceux qui, à l’intérieur comme à l’extérieur, guettent la moindre faille. Les partenaires internationaux observent. L’opposition aiguise ses arguments. La société civile retient son souffle.
Mais ce sont d’abord les Congolais qui attendent. Ceux qui se sont massivement mobilisés en 2023 ont besoin d’une CENI forte et indépendante, pas d’une administration qui joue la montre. Un glissement ne serait pas qu’un échec logistique : il serait une faute politique majeure dont le pays se passerait volontiers. La balle est dans le camp de la CENI. Qu’elle tire vite, et droit.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













