C’est une fenêtre historique qui s’ouvre devant les Léopards, et il serait criminel de la regarder passer avec indifférence. Dans quelques jours, à Liège puis à Marbella, notre sélection nationale va croiser le fer avec le Danemark et le Chili. Ces deux nations, bien qu’absentes du Mondial 2026, restent des références du football structuré : l’une incarne la rigueur tactique européenne, l’autre la malice et l’intensité sud-américaine.
Disputer ces matchs n’a rien d’anecdotique. C’est un test de caractère, un révélateur d’ambition, et surtout la preuve que notre équipe nationale suscite désormais le respect des grandes nations du football. Accepter cette confrontation, c’est refuser la fatalité d’un simple rôle de figurant et affirmer que la RD Congo ne va pas aux États-Unis, au Canada et au Mexique pour faire de la figuration, mais pour écrire l’une des plus belles pages de son histoire sportive.
Le tirage au sort nous a placés dans le groupe K face au Portugal de Cristiano Ronaldo, à la Colombie et à l’Ouzbékistan. Certains y verront un mur infranchissable ; nous devons y voir le plus beau des tremplins. Jouer contre ces adversaires, c’est bénéficier d’une exposition médiatique planétaire, mais c’est aussi l’occasion de prouver que le talent congolais, brut et créatif, peut sublimer les systèmes les plus établis. Les 2,5 millions de dollars alloués par la FIFA doivent être bien plus qu’une ligne comptable.
Ils doivent devenir le carburant d’une préparation d’excellence et le symbole d’une mobilisation générale. Il est impératif que cet argent serve à offrir aux joueurs les meilleures conditions, mais aussi à fédérer tout un peuple derrière ce rêve légitime de dépassement. Si le Danemark et le Chili ne sont pas qualifiés, c’est justement en se mesurant à leur expérience que nous construirons l’exploit contre la Colombie ou le Portugal. L’heure n’est plus à la simple participation, mais à la mobilisation sacrée de toute une nation.
Chaque Congolais, où qu’il soit, doit devenir le douzième homme de cette équipe. Remplissons les stades amicaux de nos chants et de nos couleurs, faisons trembler les réseaux sociaux de notre ferveur et exigeons de nos dirigeants une gestion transparente et ambitieuse de cette préparation. Nous avons les footballeurs, nous avons la passion, et nous avons désormais l’occasion rêvée de transformer le complexe de l’outsider en fierté de conquérant.
Rendez-vous à Liège, rendez-vous à Marbella, et donnons rendez-vous au monde entier en 2026. Congolais, levons-nous et rugissons à l’unisson : il est temps de faire de la RDC l’attraction fracassante de la prochaine Coupe du Monde.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













