Le député César Matabaro Rwamanyuku a déposé une proposition de réforme qui pourrait bien rebattre les cartes du système éducatif congolais. En s’attaquant à la loi-cadre de l’enseignement national, l’élu du Sud-Kivu entend corriger des décennies d’inadaptation des programmes et de précarité des enseignants.
Cette initiative parlementaire est perçue comme un électrochoc dans un secteur où les réformes se sont souvent limitées à des ajustements cosmétiques. Le texte ambitionne de rénover en profondeur les curricula, de renforcer la formation continue des maîtres et d’arrimer l’école congolaise aux standards numériques. Pour ses soutiens, cette réforme est un impératif de souveraineté éducative.
Un impératif destiné à former une jeunesse capable de rivaliser sur l’échiquier continental. Le député Matabaro table sur un financement innovant, mêlant partenariat public-privé et redéploiement des ressources de l’État. Reste à convaincre une majorité parlementaire souvent distraite par les urgences politiques.
Les syndicats enseignants, échaudés par les promesses non tenues, observeront de près les débats en commission. Si la volonté politique suit, cette réforme pourrait marquer le début d’une véritable refondation de l’école congolaise, bien au-delà des effets d’annonce.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













