Le défilé du 1er mai a offert un paradoxe saisissant. Alors que les centrales syndicales scandaient leurs revendications salariales, les travailleurs ont pu mesurer le bienfait discret mais réel d’une monnaie nationale relativement stable. Le franc congolais, après des années de dégringolade, contient ses fluctuations face au dollar, préservant ainsi les maigres revenus de la volatilité érosive.
Cette stabilité monétaire, fruit de la politique restrictive de la Banque centrale et du soutien du FMI, agit comme un amortisseur social inattendu. Même si l’inflation alimentaire reste une préoccupation, les ménages ne subissent plus la double peine de la flambée des prix et de l’effondrement du change. Pour certains analystes, le pouvoir maintenir la stabilité des prix est une réponse plus puissante à long terme que les augmentations ponctuelles de salaire.
Toutefois, les syndicats ne sont pas dupes. Ils rappellent que la stabilité monétaire ne remplace pas un SMIG décent et que les bénéfices des industries extractives doivent profiter à ceux qui produisent la richesse. Le défi du gouvernement pour le prochain 1er mai sera de convertir cette crédibilité macroéconomique en amélioration concrète de l’assiette du travailleur.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













