Les sanctions financières ciblées contre Joseph Kabila, bien que marquantes, divisent la classe politique et la société civile congolaises. Si certains y voient une victoire contre l’impunité, d’autres n’hésitent pas à dénoncer un simple geste symbolique aux relents néocoloniaux. La véritable question, qui ne tardera pas à s’imposer, est celle de la justice impartiale sur le territoire national même.
Pour les organisations de défense des droits humains, le gel d’avoirs et les interdictions de visa ne suffiront pas à solder les contentieux sanglants des années passées. Elles exigent l’activation des juridictions congolaises, avec la mise en place de chambres mixtes capables de juger sans faiblesse les crimes économiques et de sang. L’enjeu est de démontrer que la justice peut frapper les puissants sans être instrumentalisée par le régime en place.
Si la communauté internationale souhaite réellement accompagner la RDC vers un état de droit, elle devra exiger des comptes de tous les acteurs impliqués dans les violations massives des droits humains, sans exclusive. Le peuple congolais, lui, ne se contentera pas d’une victime expiatoire : il attend un système où le vote et l’éthique remplacent la violence et la corruption.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












