L’école Kubama de Kisantu, véritable institution, a célébré son centenaire dans un mélange de fierté et d’inquiétude. Raïssa Malu, personnalité engagée pour la cause éducative, a saisi cette occasion solennelle pour lancer un appel pressant à la mobilisation générale. Fondée il y a cent ans, cette école a formé des générations de l’élite congolaise avant de subir les affres de l’abandon et du sous-investissement.
Les bâtiments coloniaux menacent ruine, le matériel didactique est squelettique et les enseignants survivent grâce aux cotisations des parents. Pour Raïssa Malu, la disparition programmée de Kubama serait une amputation de la mémoire nationale et un crime contre l’avenir. Elle propose la création d’un fonds de dotation abondé par l’État, les anciens élèves et les entreprises implantées au Kongo Central.
Au-delà de l’émotion, le centenaire de Kubama remet au goût du jour le débat sur le sauvetage du patrimoine scolaire public. Si cet appel est entendu, Kisantu pourrait devenir le laboratoire d’une réhabilitation réussie, mélange de tradition d’excellence et de modernité. L’enjeu est de taille : prouver qu’un fleuron de l’éducation peut renaître de ses cendres.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













