L’ancien président se retrouve chaque jour un peu plus dos au mur. Les dernières mesures de rétorsion de Washington et les froideurs de Bruxelles ont définitivement verrouillé l’accès de Joseph Kabila aux circuits bancaires internationaux. Ses proches confient qu’il lui est désormais quasiment impossible de transférer des fonds à l’étranger ou d’honorer les contrats de son empire opaque.
Ce blocus, bien plus qu’une sanction, entraîne un isolement personnel et politique inédit. Ses alliés d’hier, y compris certains chefs d’État de la sous-région, prennent leurs distances pour ne pas déplaire aux bailleurs multilatéraux. Les voyages se font rares, cantonnés aux pays amis de moins en moins nombreux, renforçant l’image d’un homme traqué.
Conséquence directe de cette marginalisation, le clan Kabila peine à maintenir son réseau clientéliste à l’intérieur du pays. Ce désœuvrement financier pourrait redistribuer brutalement les cartes de l’opposition armée ou parlementaire, avec des défections en cascade vers le camp du pouvoir. La fin du système Kabila est peut-être en marche, non pas sur les champs de bataille, mais sur les écrans des ordinateurs des agents de compliance.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













