L’odeur de la mort a conduit les villageois et les forces de la société civile vers les fosses communes de Bassa et Mayalibu. Plus de cent corps, pour la plupart des civils portant des traces de tortures, ont été exhumés, provoquant un choc national. Ces localités de l’Ituri, régulièrement ensanglantées par les exactions des groupes armés, dévoilent une nouvelle page macabre du conflit oublié de l’Est.
La société civile locale dénonce une épuration ethnique rampante et appelle à un déploiement urgent des casques bleus et des enquêteurs de la justice militaire. Les témoins décrivent des exécutions sommaires commises en toute impunité, dans l’indifférence quasi totale de la communauté internationale. Les autorités provinciales, dépassées, peinent à sécuriser les sites pour éviter la contamination des preuves.
Face à l’émotion, la présidence a promis que ces crimes ne resteraient pas impunis et parle de saisir la Cour pénale internationale. En attendant, les populations terrifiées fuient par milliers, gonflant les camps de déplacés. L’Ituri s’enfonce dans un cycle de violence où chaque charnier semble répondre à un autre.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













