Face à la dégradation sécuritaire en Afrique du Sud, la RDC navigue entre la fermeté diplomatique et la prudence opérationnelle. Le gouvernement a dépêché une mission d’évaluation chargée d’apprécier les conditions réelles de vie des migrants. L’objectif affiché est d’éviter toute précipitation qui transformerait un rapatriement en catastrophe humanitaire.
Les autorités sud-africaines, embarrassées par cette mauvaise publicité continentale, multiplient les patrouilles dans les zones à risque. Mais la confiance est rompue : Kinshasa conditionne son renoncement au rapatriement à des arrestations massives et à l’indemnisation des victimes. En parallèle, la logistique d’un éventuel pont aérien est discrètement évaluée par l’aviation civile congolaise.
L’enjeu dépasse le sort des seuls migrants. Il questionne la solidarité africaine et la capacité de l’Union africaine à protéger ses propres citoyens. Pour la RDC, tout abandon de ses ressortissants serait un reniement, mais un rapatriement massif pourrait aussi enflammer les tensions sociales dans un pays déjà éprouvé.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












