Rompre avec le mirage de l’homme providentiel, dénoncer l’éternelle déstabilisation armée et tourner définitivement la page du passé : la RDC ne se reconstruira ni par le culte d’un seul, ni par le retour de ceux qui l’ont pillée, mais par la force de l’intelligence collective. La mystique de l’homme providentiel a trop longtemps servi d’alibi à la démission collective.
Elle a enfanté des cultes de la personnalité stériles, étouffé le débat démocratique et concentré les espoirs de tout un peuple sur les épaules d’un seul. Jadis Mobutu, puis Kabila Tolembi Naïno yo te et aujourd’hui Félix Tshisekedi tout droit ti na 3. Cette époque doit être définitivement close. L’heure est à l’intelligence collective, seule capable de produire des solutions durables face à la complexité des défis congolais.
Aucun sauveur ne viendra d’en haut : c’est par l’addition des talents, des expertises et des énergies citoyennes que se construit une nation. Que les rebelles permanents, ces professionnels de la déstabilisation qui vivent de la guerre comme d’autres d’un métier, entendent ce message : leur temps est compté.
Le peuple congolais refuse désormais d’être l’otage d’hommes armés qui justifient leurs exactions par des prétextes politiques usés jusqu’à la corde. La violence n’est pas un programme, elle est un aveu de faillite intellectuelle et morale. Quant à ceux qui, par nostalgie ou calcul, caressent l’idée folle d’un retour de Joseph Kabila au pouvoir, qu’ils mesurent l’insulte faite à l’intelligence du peuple.
Ressusciter un système dont les tares ont été amplement documentées, c’est proposer au malade de reprendre le poison qui l’a conduit à l’agonie. La RDC n’a pas vocation à tourner en rond dans le cercle vicieux des dynasties et des come-back improbables : elle regarde devant, vers une refondation portée par tous, et non par un seul.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













