Nommé à la tête de l’Office National des Transports, Martin Lukusa a rapidement fait de la modernisation des ports intérieurs une priorité stratégique. Confronté à des décennies de sous-investissement chronique, il hérite d’infrastructures fluviales dégradées qui brident le potentiel économique du pays. Sa vision tranche avec l’immobilisme ambiant.
Il s’agit de remettre à flot un maillon essentiel de la chaîne logistique nationale, capable de relier Kinshasa aux provinces de l’intérieur par les voies navigables. Le plan de relance porté par le directeur général s’articule autour de trois axes majeurs. D’abord, la réhabilitation physique des quais et des équipements de manutention dans les ports stratégiques de Kinshasa, Kisangani et Mbandaka. Ensuite, une vaste opération de dragage des chenaux, indispensable pour sécuriser la navigation sur le fleuve Congo et ses affluents.
Enfin, un virage numérique ambitieux : Martin Lukusa a lancé l’informatisation de la gestion des flux de marchandises et des titres de transport, visant à réduire les tracasseries et les délais. Des partenariats public-privé sont également en discussion pour mobiliser les financements nécessaires. Au-delà des infrastructures, c’est toute l’économie des territoires qui pourrait bénéficier de cette transformation.
Relancer le transport fluvial permet de désenclaver des régions entières, de fluidifier l’acheminement des produits agricoles et miniers vers les centres de consommation, et de baisser les coûts logistiques. Martin Lukusa positionne ainsi l’ONATRA comme un acteur central de l’intégration économique interne, à l’heure où la RDC cherche à réduire sa dépendance aux corridors d’exportation centrés sur les pays voisins.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













