Longtemps perçus comme des déchets inexploitables, les montagnes de rejets miniers qui défigurent les provinces du Katanga et du Kasaï pourraient bientôt changer de statut. Conscient du lourd passif environnemental hérité de décennies d’exploitation désordonnée, le ministre Louis Watum s’est prononcé en faveur d’une technologie de traitement des rejets capable d’extraire les métaux résiduels tout en neutralisant les substances toxiques.
Une déclaration qui ouvre la voie à un changement de paradigme dans la gestion post-extractive. La solution que soutient le ministre repose sur un procédé hydrométallurgique combinant lixiviation douce et bioremédiation. Concrètement, les terrils sont lessivés pour récupérer le cobalt, le cuivre ou le zinc encore présents, puis les boues sont traitées par des bactéries qui fixent les métaux lourds et réduisent l’acidité.
Plusieurs pilotes menés en Zambie et en Afrique du Sud ont démontré la viabilité économique d’une telle approche dès lors que les cours des métaux restent élevés. Pour la RDC, qui abrite des milliards de tonnes de résidus, l’enjeu est colossal. Au-delà de la dépollution des rivières et des sols, cette technologie pourrait générer des revenus substantiels pour les communautés riveraines et créer une nouvelle filière industrielle.
Louis Watum imagine déjà la mise en place de zones économiques spéciales dédiées au retraitement, avec l’obligation pour les opérateurs miniers historiques de contribuer à la remédiation. Reste à transformer l’essai en attirant les investisseurs, en définissant un cadre juridique incitatif et en garantissant que les bénéfices profitent d’abord aux populations qui subissent depuis trop longtemps les séquelles de l’extraction sans en percevoir les retombées.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













