Depuis Kigali, en marge d’un forum économique les 14 et 15 mai, Paul Kagame a opposé une fin de non-recevoir cinglante aux sanctions américaines. “J’ai déjà traversé des situations plus difficiles sans jamais capituler”, a-t-il lancé, reconnaissant néanmoins que les mesures frappent durement l’économie et l’appareil militaire rwandais.
Pour lui, céder à la pression étrangère aurait un coût bien supérieur à celui des sanctions elles-mêmes : ce serait sacrifier la souveraineté d’un pays qu’il a bâti dans le refus obstiné des diktats. La riposte de Washington est pourtant massive. Début mars 2026, le Trésor américain a visé le chef d’état-major de l’armée et plusieurs hauts gradés, tandis que le département d’État imposait des restrictions de visas à des personnalités accusées de soutenir la rébellion du M23 et la déstabilisation de l’est de la RDC.
Ces sanctions attaquent le levier d’influence numéro un de Kigali : un appareil militaire déployé dans les opérations de paix de l’ONU et au Mozambique, alors même que les rivalités internationales s’aiguisent autour du cobalt, du coltan et du lithium congolais, nerfs de la guerre technologique mondiale. Avec une rhétorique ouvertement panafricaniste, Paul Kagame a appelé les pays du continent à “résister aux influences étrangères dominatrices”.
Et il a dénoncé des puissances occidentales qui « se comportent comme si elles détenaient le contrôle du monde tout en profitant injustement des ressources des autres nations ». Affichant une confiance inébranlable, le président rwandais promet de surmonter cette tempête diplomatique les yeux rivés sur un seul principe : ne jamais céder.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













