Il y a des ministres qui gèrent, et il y a ceux qui marquent. En ce jour de mai 2026, au pied des deux statues majestueuses érigées dans l’enceinte sacrée du Stade des Martyrs, Didier Budimbu a prouvé qu’il appartenait à la seconde catégorie, celle des visionnaires pour qui le sport n’est pas qu’un divertissement, mais l’âme d’une nation.
Surnommé le “génie blanc” par des observateurs conquis, le ministre des Sports a orchestré un hommage vibrant à Dikembe Mutombo et Ndaye Mulamba, transformant la reconnaissance nationale en un acte tangible et éternel. Voir ces deux géants du basket et du football prendre place dans le marbre, c’est assister à la “renaissance historique” d’un pays qui décide enfin de regarder ses héros en face, sous l’impulsion d’un homme déterminé à redonner au sport congolais sa grandeur d’antan.

D’un côté, se dresse Dikembe Mutombo, le géant de la NBA parti trop tôt en 2024, dont le doigt levé et le célèbre “Not in my house !” ont fait trembler les parquets américains. Quatre fois meilleur défenseur de la ligue, membre du Hall of Fame, il était surtout un cœur immense qui a bâti un hôpital à Kinshasa, sauvant des vies bien au-delà du terrain. De l’autre, la silhouette éternelle de Ndaye Mulamba, l’attaquant prodige dont les neuf buts en une seule Coupe d’Afrique des Nations en 1974 restent un record invaincu.

Ndaye Mulamba est le symbole d’un Zaïre triomphant qui soulevait le trophée continental avec panache. En choisissant ces deux destins exceptionnels, Budimbu ne s’est pas contenté de saluer le passé ; il a offert à la jeunesse congolaise une boussole, la preuve que l’excellence et la persévérance peuvent faire rayonner toute une nation bien au-delà des frontières. En gravant ces légendes dans la pierre, Didier Budimbu rappelle avec force que les nations fortes sont celles qui honorent leurs pères.
Ce geste historique dépasse largement le cadre protocolaire : il ancre la mémoire dans un lieu de pèlerinage où les jeunes supporters viendront désormais se photographier, rêver et, qui sait, forger leurs propres ambitions . Dans un monde où les statues sont parfois déboulonnées, la République Démocratique du Congo, sous la houlette de son ministre, bâtit des monuments pour défier l’oubli et inspirer l’avenir. L’héritage de Mutombo et Mulamba ne sera plus jamais un souvenir vague, mais une réalité imposante au cœur du temple du sport national, et c’est tout le mérite d’un ministre qui a su faire de l’émotion un projet de société .
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













