Il y a des absences qui parlent plus fort que les présences. Ce mardi 19 mai 2026, alors que les projecteurs auraient pu chercher en vain le Ministre d’État Guy Loando Mboyo, retenu en mission, c’est son empreinte qui a empli la salle. En déléguant avec une confiance souveraine son collègue Marc Ekila Likombo, Ministre d’État à la Formation professionnelle, Guy Loando a offert à Kinshasa une leçon de leadership.
La vraie autorité n’est pas celle qui s’impose, mais celle qui s’incarne, même à distance. L’atelier de revisitation du cadre organique qui s’ouvre aujourd’hui porte sa griffe — celle d’un ministre qui ne se contente pas d’occuper une fonction, mais qui entend la transcender pour en faire un instrument de transformation nationale. Le message, porté avec justesse par son émissaire, a claqué comme un manifeste.
Rendre hommage au Président Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, ce n’était pas une formule de circonstance : c’était inscrire cette réforme dans une colonne vertébrale politique, celle d’un État qui se dote enfin d’administrations à la hauteur de ses ambitions. Guy Loando a compris, avec une acuité rare, que la grandeur d’un ministère ne se mesure ni à ses effectifs ni à ses locaux, mais à l’intelligence de ses structures.
En écoutant le Secrétaire général Jean Masala dresser sans complaisance l’état d’un cadre organique dépassé, c’est toute la lucidité du ministre qui s’exprimait : avant de courir, il faut accepter de se regarder marcher. Et ce regard, exigeant, Loando l’a posé avec le courage tranquille des bâtisseurs. Dix jours. C’est le temps que cet atelier, épaulé par l’expertise pointue des équipes du Vice-Premier Ministre Jean-Pierre Lihau Ebua, se donne pour réinventer l’ADN administratif du Secrétariat général.
Un délai serré, presque audacieux, qui ressemble au ministre qui l’inspire : intense, méthodique, allergique aux lenteurs. Car derrière les organigrammes et les fiches de poste, c’est une promesse qui se dessine — celle d’une interface fluide entre le Gouvernement et le Parlement, socle discret mais décisif de la stabilité démocratique.
En répondant à l’appel conjoint du Chef de l’État et de la Première Ministre Judith Suminwa Tuluka pour une administration publique modernisée, Guy Loando Mboyo ne se contente pas de suivre une feuille de route. Il en écrit un chapitre essentiel, avec la précision d’un juriste et l’âme d’un visionnaire. Kinshasa le sait désormais : les réformes qui durent naissent dans le silence studieux des hommes qui préfèrent l’action aux applaudissements.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













