Près de cinq millions de dollars américains volatilisés. À l’ARMP (Autorité de Régulation des Marchés Publics), censée incarner la transparence des contrats publics, la découverte est aussi stupéfiante qu’inquiétante. Comment une telle somme a-t-elle pu disparaître sous le nez des contrôleurs ? Les premiers éléments pointent vers des complicités internes et des circuits de détournement savamment orchestrés.
Ce n’est plus une simple malversation : c’est un scandale d’État qui éclabousse une institution clé de la gouvernance congolaise. Des audits internes auraient été paralysés, des signatures falsifiées, des comptes offshore alimentés. Si les noms ne filtrent pas encore officiellement, les langues commencent à se délier dans les couloirs de la primature et de l’inspection générale. La question qui fâche : qui a protégé qui ?
Car une telle opération ne s’improvise pas sans relais haut placés. Les cinq millions de dollars volés ne sont pas un trou de caisse ; ils sont le prix d’une confiance bafouée par ceux-là mêmes qui devaient veiller sur l’argent public. Ce scandale doit sonner comme un électrochoc. Si l’ARMP sombre dans les pratiques qu’elle était censée combattre, c’est tout le système des marchés publics qui vacille.
La justice, désormais saisie, n’a pas le droit à l’erreur : des poursuites exemplaires et des sanctions rapides sont attendues par une opinion excédée par les impunités répétées. Les cinq millions de dollars ne sont peut-être pas retrouvés, mais la crédibilité des institutions, elle, peut encore être sauvée – à condition que tous les coupables, sans exception, répondent de leurs actes.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR













