Dans un monde happé par le tout-numérique, il fallait un courage politique rare et une lucidité stratégique pour rappeler que l’imprimé demeure un pilier de la souveraineté communicationnelle. Ce courage, le ministre Patrick Muyaya l’a incarné avec éclat au Pullman Grand Hôtel de Kinshasa, lors du Salon de l’Imprimerie RDC 2026.
Loin des postures convenues, son plaidoyer pour la renaissance de la presse imprimée et pour un accompagnement durable de l’industrie graphique a résonné comme une véritable déclaration d’amour à un secteur trop longtemps négligé. En sillonnant les stands, en échangeant avec les exposants et en montant sur scène pour un panel attendu, le Porte-parole du Gouvernement n’a pas seulement honoré un rendez-vous : il a posé un acte fondateur qui redonne ses lettres de noblesse à toute une filière.
Et les mots se sont très vite mués en engagements concrets. L’annonce de discussions avec l’ANECO pour explorer la piste d’une subvention publique en faveur de la presse écrite est une petite révolution dans le paysage médiatique congolais. En envisageant ce filet de sécurité économique, Patrick Muyaya reconnaît la presse imprimée comme un bien démocratique essentiel qu’il faut protéger du vertige numérique.
Il a surtout su tendre une main franche aux professionnels en appelant à un dialogue permanent pour bâtir une stratégie nationale de modernisation et de compétitivité. Ce faisant, il répond en écho à l’appel inspirant de Sandra Nzolantima en faveur d’un centre d’excellence aux standards internationaux, dessinant les contours d’un écosystème où l’État et les entrepreneurs se donnent enfin la main pour former une nouvelle génération de techniciens et de patrons de l’imprimerie.
Plus qu’un discours, c’est une vision d’avenir que le ministre a déroulée : celle d’une industrie graphique qui imprime, emballe et innove “autrement”, tout en protégeant les canaux physiques de la communication publique (affiches, bâches, dépliants) qui restent irremplaçables pour toucher les Congolaises et les Congolais jusque dans les territoires les plus reculés.
En liant renaissance éditoriale, modernisation technique et souveraineté industrielle, Patrick Muyaya confirme que le Gouvernement fait de l’imprimerie un levier stratégique du développement économique et du pluralisme médiatique. À l’heure où l’éphémère digital tend à tout engloutir, la RDC, sous cette impulsion, choisit de protéger et de valoriser ce qui dure, ce qui s’affiche, ce qui s’imprime — et ce geste politique est tout simplement historique.
TEDDY MFITU
Polymathe, chercheur et écrivain / Consultant senior cabinet CICPAR












