Assemblée générale de l’UFC : gouvernance, protection des joueurs et professionnalisation, le football congolais se projette vers 2030
L’Union des Footballeurs du Congo (UFC) a tenu son Assemblée générale ordinaire dans un contexte marqué par les profondes mutations du football mondial. Au cœur des échanges : la validation du bilan de l’exercice 2025, la consolidation de la gouvernance, la protection des droits des joueurs et la mise en œuvre du projet « CA 2030 », présenté comme une feuille de route pour accélérer la professionnalisation du football congolais.
Une assemblée placée sous le signe de la continuité institutionnelle
En ouvrant les travaux, le président de l’UFC, Dodo Landu, a souhaité la bienvenue aux membres et invités présents, tout en rappelant le parcours de l’organisation, affiliée à la FIFPRO depuis 2009.
Malgré plusieurs absences parmi les invités, le président a souligné l’importance de cette rencontre, organisée après plusieurs reports liés notamment aux exigences du système de développement des associations membres ainsi qu’au calendrier international de la FIFA. « L’UFC est membre de la FIFPRO depuis 2009. C’est donc une union forte de 16 ans d’existence aujourd’hui. »Cette assemblée visait notamment à régulariser les obligations statutaires de l’organisation tout en préparant les prochaines étapes de son développement.

Un exercice 2025 validé sous le signe de la transparence
L’un des temps forts de cette Assemblée générale a été la présentation du rapport d’activités de l’exercice 2025.
Le président Dodo Landu a insisté sur les efforts consentis en matière de bonne gouvernance. Les finances de l’organisation ont fait l’objet d’un audit externe indépendant tandis que la gestion des effectifs et des données a également été contrôlée par un auditeur international, conformément aux standards de la FIFA.
Les conclusions des experts de la FIFPRO et de la FIFA se sont révélées favorables.
> « Les experts du système de développement des membres de la FIFPRO et de la FIFA ont jugé satisfaisant et conforme l’ensemble de nos activités réalisées au cours de l’année 2025. »
Des recommandations ont toutefois été formulées, notamment sur l’alignement des contrats de travail avec les règlements internationaux, le paiement régulier des salaires, le suivi médical des joueurs et joueuses, la protection de la maternité, la promotion de la parité ainsi que les garanties éducatives destinées aux joueurs mineurs.
Le football féminin parmi les grandes priorités de 2026
Pour la saison sportive 2026, l’UFC entend placer le football féminin au cœur de ses priorités.
L’organisation souhaite notamment instaurer des contrats de travail et une convention collective pour les Léopards dames, tout en lançant une auto-évaluation conjointe avec la Ligue nationale de football féminin afin d’élaborer un véritable plan de développement du football féminin en République démocratique du Congo.
Un partenariat historique entre la FIFA et la FIFPRO
Les dirigeants de l’UFC ont également mis en lumière les avancées majeures intervenues au niveau international.
Depuis le 10 juin 2026, la FIFA et la FIFPRO ont signé un nouvel accord de collaboration qui reconnaît officiellement les associations de joueurs comme partenaires sociaux dans la gouvernance mondiale du football.
Cette évolution permettra aux représentants des footballeurs de participer aux discussions sur l’organisation des compétitions, le calendrier international, la santé des joueurs, les normes médicales et la préparation de l’après-carrière.
Autre annonce majeure : la création d’un fonds de garantie de 20 millions de dollars américains destiné à indemniser les joueurs victimes de clubs en faillite incapables d’honorer leurs salaires.
Le projet « CA 2030 », une ambition pour moderniser le football congolais

Prenant la parole, le secrétaire général de l’UFC, Me Fiston Mwange, a présenté la vision portée par l’organisation à travers le projet « CA 2030 », adopté par les membres.
Pour l’UFC, cette stratégie constitue un levier essentiel pour améliorer durablement les conditions de vie des footballeurs congolais et instaurer un dialogue social permanent avec la FECOFA.
> « Le dialogue social est un passage incontournable pour un football congolais plus moderne et plus professionnel. »
Le secrétaire général a également lancé un appel à l’ensemble des acteurs du football national afin qu’ils s’impliquent activement dans cette dynamique de réforme.
> « Nous voulons que vous soyez non pas de simples témoins, mais des acteurs positifs de ce processus de professionnalisation. »
Selon lui, seule une mobilisation collective permettra d’éviter le déclin du football national et de bâtir un environnement fondé sur la bonne gouvernance, la transparence et le respect des droits des joueurs.
Protection des joueurs : l’UFC fixe ses priorités
En clôturant les travaux, Dodo Landu a rappelé les nombreux défis qui attendent encore le football congolais.
L’UFC entend notamment poursuivre son engagement dans la lutte contre la manipulation des matchs, renforcer le cadre juridique des contrats entre clubs et joueurs, mettre en place un système national de règlement des litiges, protéger les joueurs mineurs contre toutes les formes d’exploitation et de violences sexuelles, instaurer un système national de régulation des transferts (DTMS) et combattre l’influence des tiers dans la gestion des carrières des joueurs.
« Nous pensons que le développement de notre football passe obligatoirement par le bien-être des joueurs. »
Cap sur un football plus professionnel
À travers cette Assemblée générale ordinaire, l’Union des Footballeurs du Congo réaffirme sa volonté de faire du joueur le principal moteur du développement du football national. Forte de l’appui de la FIFPRO et des nouvelles orientations impulsées par la FIFA, l’organisation entend désormais transformer les réformes annoncées en actions concrètes. Le cap est fixé : construire, à l’horizon 2030, un football congolais plus professionnel, plus juste et plus protecteur, où la bonne gouvernance et le dialogue social constitueront les fondements d’un développement durable.
Nico Kassanda
























