Dialogue national : Les cadres universitaires exigent une place pour les survivants de la guerre à l’EST
Derrière les statistiques froides de la guerre d’agression qui ensanglante l’Est de la République Démocratique du Congo se cachent des millions de destins brisés. Face à ce drame humanitaire, l’Union nationale des cadres universitaires du Congo (UNCUC) vient de briser le silence à travers une lettre ouverte poignante adressée au Chef de l’État, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo.
Aucune paix durable ne peut être bâtie sur l’oubli de ceux qui ont souffert. » C’est par ces mots incisifs que la Société Civile UNCUCD, sous la plume de son Président National Jean Kamba Kabula, interpelle directement le Président de la République. Dans un plaidoyer vibrant daté du 18 août 2026, les forces vives de la nation rappellent une vérité fondamentale : le Dialogue national en cours ne pourra prétendre à aucune crédibilité si les victimes des conflits armés en restent les grands absents.

Un message qui constitue un cri d’alarme contre l’indifférence : le prochain Dialogue national ne doit pas se tenir sans ceux qui payent le prix le plus lourd du conflit.
Pour ces intellectuels basés à Kinshasa, la formule est claire : la paix ne peut se négocier au nom des victimes, elle doit se construire avec elles. Alors que la nation s’apprête à se réunir pour redessiner les contours de sa cohésion, l’organisation redoute que ce forum crucial ne devienne qu’une simple table ronde entre élites politiques et chefs de factions armées.
« Ceux qui ont perdu leurs proches doivent pouvoir parler de leurs morts. Ceux qui ont été chassés de leurs terres doivent pouvoir parler de leur retour », martèle l’organisation avec force.

Le plaidoyer rappelle la réalité insoutenable du quotidien des déplacés de guerre, des femmes traumatisées et des familles dépouillées de tout. Les priver de parole serait, selon les signataires, une « grave injustice nationale ».
L’UNCUC exhorte donc le Président de la République à utiliser sa haute autorité pour garantir une représentation formelle et effective des communautés sinistrées. Qu’il s’agisse de sécurité, de justice contre l’impunité ou de réparation des préjudices, la voix des survivants doit être la boussole de ce dialogue. Plus qu’une exigence politique, c’est un devoir moral pour restaurer la dignité d’un peuple qui n’a que trop souffert.
La dignité des victimes au centre de la paix
Loin d’être une simple formalité protocolaire, la demande de l’UNCUCD est une exigence de justice et d’humanité. L’organisation réclame des mesures concrètes et immédiates pour que le processus de paix ne se transforme pas en un arrangement politique de salon :Un espace dédié : La création d’un cadre officiel pour que les victimes partagent leurs témoignages et propositions.
Des résolutions contraignantes: L’intégration obligatoire de leurs recommandations dans les conclusions du Dialogue.
Des priorités réelles : L’inscription de la protection des civils, de la justice, de la réparation et de la reconstruction au sommet de l’agenda politique.
Pour la société civile, le constat est sans appel : on ne peut pas parler de réconciliation en ignorant les plaies encore ouvertes de la Nation.
Un appel pressant aux autorités morales

La lettre ouverte ne s’adresse pas qu’au pouvoir politique. Elle prend à témoin les leaders des grandes confessions religieuses du pays (CENCO, ECC, ERC, COMICO). Rappelant leur rôle moral et spirituel, l’UNCUCD les exhorte à se positionner fermement du côté des opprimés.« Votre responsabilité est d’être du côté de ceux qui souffrent, de ceux dont la voix risque d’être étouffée par les enjeux politiques », insiste le document. Face aux calculs des partis et regroupements politiques, l’Église et les institutions religieuses sont appelées à devenir le haut-parleur des sans-voix.
Ne plus parler de la paix depuis les tombes
Le point d’orgue de ce plaidoyer réside dans une formule qui résonne comme un avertissement historique lancé au Chef de l’État : « Monsieur le Président, ne laissez pas les victimes parler de la paix depuis les camps de déplacés, depuis les villages détruits ou depuis les tombes de leurs proches. Donnez-leur une place à la table où se construit l’avenir de la Nation. »En associant les victimes, le pouvoir congolais ne leur accorde pas un privilège, il protège la dignité même de la République. Reste désormais à savoir si cet appel solennel, partagé jusqu’aux plus hautes sphères de l’État — notamment auprès de la Première Dame Denise Nyakeru Tshisekedi et des services de sécurité —, trouvera l’écho politique nécessaire pour changer le destin du peuple congolais.
Nico Kassanda






















