Il est permis de s’interroger sur les capacités arithmétiques de ceux qui transforment un contrat de 38,8 millions d’euros, validé par la DGCMP, en un prétendu détournement de 44 millions de dollars. Aucun compte bancaire, aucun bénéficiaire, aucune preuve de versement indu : les accusateurs qui ont pollué l’espace médiatique brillent par l’absence de faits.
En droit, un contrat n’est pas un délit, et une procédure administrative contestée ne saurait valoir une condamnation pénale. Mais puisque l’on crie au vol, osons la question qui fâche : où sont les fonds, et surtout, qui les a vus ? La vérité, pourtant, éclate au grand jour : Madame Blandine Kawanda Walwom a commis le crime impardonnable, pour certains esprits étroits, d’assainir les comptes, d’apurer les arriérés salariaux hérités du passé et de fermer les robinets où se désaltéraient certaines habitudes.
En refusant de se compromettre, elle a menacé des intérêts bien établis. Dès lors, plutôt que de débattre de sa gestion vertueuse, on a choisi la stratégie du lynchage médiatique, car il est plus commode de salir l’honneur d’une femme intègre que d’avouer que sa rigueur dérange les prédateurs. Trois mois de suspension, c’est le répit accordé à ceux qui guettent le trésor public. Pendant que l’on enquêtait sur une chimère, les vannes se rouvrent et les appétits se déchaînent.
Comparez l’état de la trésorerie de la Congolaise des Voies Maritimes avant et après son éviction de Madame Blandine Kawanda Walwom : les chiffres, eux, ne se laissent pas acheter. Si l’on veut vraiment lutter contre le détournement, qu’on nous montre les preuves ; à défaut, qu’on cesse de prendre la population pour une dupe et qu’on reconnaisse que cette affaire pue moins le scandale financier que le règlement de comptes.
TM Polymathe / Lobjectif













