L’inflation atteint 14,5 % en juillet 2025, un record depuis 2009. L’énergie s’envole de 44,5 %, les transports de 24 %, et l’alimentation suit la même courbe. La Banque centrale réagit en portant son taux directeur à 8,75 %. Mais cette hausse, face à une inflation importée – matières premières chères et guerre à ses portes –, revient à poser un pansement sur une hémorragie.
La mesure est logique sur le papier, mais elle frappe de plein fouet une économie déjà sous pression ; les premiers à payer la facture sont les ménages, pris dans une spirale où le coût de la vie explose pendant que le crédit se renchérit. Pendant ce temps, la pression extérieure ne relâche pas l’étau. Washington cible directement la filière aurifère de Kigali et les soutiens au RDF/M23, dans le contexte brûlant de l’est congolais.
Le Rwanda conteste fermement, mais le FMI est sans équivoque : les financements à bas coût vont se tarir. La dette publique frôle déjà les 73 % du PIB ; le nouveau prêt commercial de 190 millions de dollars alourdit les comptes plus qu’il ne les soulage. L’or, jusqu’ici fleuron des exportations, se transforme en boulet sous la loupe des Américains et des Européens, tandis que les grands bailleurs de fonds plient l’échine.
Le véritable piège est là : en relevant ses taux, Kigali étrangle ses propres entrepreneurs et creuse sa dépendance aux capitaux privés onéreux. Double choc – inflation galopante et défiance diplomatique –, sans parachute. La marge de manœuvre est quasi inexistante. La croissance est sommée de résister, mais elle craque sous le double fardeau. L’addition, une fois de plus, sera réglée par les Rwandais, coincés entre l’essence hors de prix et un isolement financier qui s’installe durablement.
TM Polymathe / Lobjectif













