De l’établissement de la justice aux sentinelles citoyennes : Me Patient Bashombe et Dr Peter Bondole appellent à une thérapie nationale
Le chapiteau 19 de la commune de Gombe a vibré, le jeudi 20 août 2026, au rythme de la troisième édition de la grande conférence d’édification et de mobilisation pour un Congo nouveau, centré sur le patriotisme.
Organisé par la plateforme « The Gathering Watchmen » (Le Rassemblement des Sentinelles, cet événement a réuni un public d’élite composé de magistrats, d’avocats et de chercheurs, chrétiens, entrepreneurs etc, autour d’un thème crucial : « Le patriotisme comme fondement du développement, de la justice et de la sécurité nationale ».
Cette conférence a connu deux orateurs. Il s’agit de Maître Patient Bashombe Matabishi, Coordonnateur national de la Dynamique Communautaire pour la cohésion sociale et le développement (DYCOD-RDC), avocat et Président du bloc RDC pour l’initiative du manifeste de Kasangulu et le Dr Peter Bondole, visionnaire du mouvement ”The Gathering Watchmen » (Le Rassemblement des sentinelles et pasteur de l’église Faith and Victory, une extension de l’église Arche de l’Alliance en Australie.

Le premier orateur Me Patient Bashombe a développé le sous-thème : ”Le patriotisme dans l’établissement de la justice en RDC”.
Il introduit son exposé par la pensée selon laquelle la justice élève une nation, mais le péché est la honte des peuples. Un verset tiré du livre des Proverbes (14:34) qui résume le grand défi de la République Démocratique du Congo et fait remarquer que le développement d’un pays ne se mesure pas seulement à ses richesses minières ou à la jeunesse de sa population, mais à la force de son système judiciaire.
Face à la crise de confiance qui fragilise l’État, Me Patient Bashombe propose une véritable « thérapie de restauration » du système judiciaire congolais.


Le patriotisme par les actes : au-delà des symboles
Selon lui, le patriotisme ne se limite pas à chanter l’hymne national ou à saluer le drapeau. Il s’exprime par des comportements quotidiens et concrets. Aimer la République Démocratique du Congo, c’est refuser activement de participer à sa destruction.
Il note que chaque acteur de la société possède une responsabilité patriotique précise : Le magistrat qui rejette la corruption, l’avocat qui défend avec compétence et intégrité; Le policier qui applique strictement la loi ; Le fonctionnaire qui refuse de détourner les fonds publics etc, Car, le véritable patriotisme commence lorsque l’intérêt supérieur de la République supplante les ambitions personnelles.
Le Coordonnateur national de la DYCOD-RDC souligne que dans le domaine de la justice, être patriote ne signifie pas protéger les structures du pouvoir, mais protéger l’État par le respect rigoureux du droit.
La justice, colonne vertébrale d’une nation en quête de confiance
Restaurer l’intégrité : la première étape de la thérapie
A l’orateur de faire remarquer qu’un pays peut posséder d’excellentes lois mais appliquer de mauvaises pratiques. Il peut bâtir des tribunaux mais manquer cruellement de justice. Et pourtant, la justice n’est pas une option, mais la colonne vertébrale de l’État.
Pour guérir ce pilier central, Me Patient Bashombe propose un diagnostic lucide. Il ne s’agit pas de condamner l’ensemble de la magistrature congolaise. Il reconnaît par ailleurs que la RDC compte de nombreux magistrats compétents, intègres et courageux qui font honneur à leur profession. Cependant, nier les failles du système mettrait la nation en danger.
”Le système judiciaire congolais souffre de plusieurs maux identifiés :

Une lenteur généralisée des procédures ; Un engorgement chronique des juridictions ; Un manque criant de moyens matériels et humains ; Des barrières majeures dans l’accès à la justice pour les citoyens ;
Des risques permanents de corruption et des pressions extérieures ; Une faiblesse flagrante des mécanismes disciplinaires ;
Le conférencier Bashombe attire l’attention de l’auditoire et l’ensemble des congolais que ce diagnostic ne doit pas servir à condamner l’institution judiciaire, mais à la réparer.
Il renseigne que la première phase de cette thérapie nationale repose sur la restauration de l’intégrité. Car, sans une profonde réforme éthique et morale des acteurs judiciaires, les réformes techniques resteront inutiles. Restaurer l’intégrité est le remède indispensable pour reconstruire le lien de confiance brisé entre le citoyen et les institutions de la République.

Le Dr Peter Bondole insiste sur un « leadership patriote » pour rebâtir la nation
Le deuxième orateur de cette conférence, le Dr Peter Bondole, visionnaire du mouveme ”The Gathering Watchmen » (Le Rassemblement des Sentinelles) et pasteur de l’église Faith and Victory une extension de l’église Arche de l’Alliance Australie, a livré un message percutant sur le patriotisme et le leader politique.
Mêlant exhortations bibliques et réalités civiques, il a tracé la feuille de route d’un renouveau congolais basé sur la responsabilité individuelle.
Le Congolais, unique artisan du changement
D’entrée de jeu, le Dr Peter Bondole a fixé les responsabilités. Pour lui, l’avenir de la République Démocratique du Congo ne dépend d’aucune puissance étrangère.« Le changement ne viendra ni des États-Unis, ni de la Chine, ni de l’Europe, mais lorsque les Congolais vont décider d’être des sentinelles pour le Congo », a-t-il martelé.
S’appuyant sur les textes sacrés (Ésaïe 52:8, Ésaïe 62:6 et Jérémie 51:12), l’orateur a explicité le concept de « sentinelle ». À l’image des gardiens qui veillaient autrefois sur les murailles des villes pour alerter contre les dangers internes et externes, le citoyen moderne doit protéger sa communauté. Le Dr Bondole a ainsi appelé à l’émergence de sentinelles sectorielles : dans l’armée, les hôpitaux, la magistrature, la fonction publique, l’éducation et le commerce.

Le patriotisme : Un style de vie, non un slogan
Loin d’être un simple concept théorique, le patriotisme a été redéfini par le pasteur Bondole comme un état d’esprit et un engagement quotidien structuré autour de quatre piliers majeurs :
L’amour et la loyauté : Aimer son pays exclut toute forme de trahison et dicte la manière dont on traite les biens publics. L’esprit de sacrifice : Le vrai patriote fait passer l’intérêt collectif et le bien-être de la nation avant ses ambitions personnelles.
Le service et l’unité : Un leader patriote agit comme un parent. Il rassemble, rejette la division et travaille à la grandeur des personnes qui l’entourent.
La justice et l’intégrité
Le visionnaire de la plateforme ” The Gathering Watchmen ” martèle que le patriotisme impose une haine viscérale de la corruption, l’instauration d’une justice équitable pour les pauvres et le recours à la prière pour chercher la direction divine.

En sommes, le Dr Peter Bondole a rappelé que le leadership patriote ne s’apprend pas dans des manuels rigides. Il s’agit d’une quête d’autonomie morale et de courage.
Pour lui, devenir un dirigeant patriote exige simplement de choisir consciemment le bien, de rejeter le mal et de faire ce qui est droit, sans attendre de directives extérieures. C’est par cette transformation intérieure que naîtra le Congo nouveau, a conclu son speech. Il s’ensuivit la partie interactive des questions et réponses. Il sied de rappeler que la prière d’ouverture à cette conférence a été dite par le pasteur Jean-Claude Safari, responsable de l’église ” Parole du Salut ” de Gombe.
Nico Kassanda






















